Accueil >> Informations >> Témoignages >>
Les salafistes manifestent à Tripoli et Saïda pour réclamer la libération des détenus de Fateh el-Islam
publié le dimanche 10 août 2008

L’Orient le Jour
 
Les familles des détenus de la prison de Roumieh accusés d’appartenir au réseau el-Qaëda et au groupuscule Fateh el-Islam ont organisé une manifestation pacifique à Tripoli à la place al-Nour durant laquelle le député Moustapha Allouche a été violemment pris à partie par les manifestants.

La manifestation, qui a vu la participation de partis, mouvements et réseaux islamistes de la ville, s’est déroulée au milieu d’un important déploiement de forces sécuritaires. C’est à l’issue de la prière du vendredi que des centaines de manifestants ont afflué place al-Nour, portant calicots et affiches aux slogans religieux et demandant la mise en liberté des détenus. Entre-temps et depuis mardi, ces détenus poursuivent une grève de la faim pour protester contre le « retard » pris dans la bonne marche de leur procès.

Des hommes, barbes longues et vêtus de la tunique traditionnelle, ont réclamé que les interrogatoires et le procès de leurs proches se tiennent au plus vite. « Sunnites, sunnites, Allah protège les salafistes » et « il n’y a de dieu que Dieu », ont-ils scandé. Certaines femmes portaient sur leur front un bandeau où l’on pouvait lire « Libérez nos fils ».

Les slogans ont aussi insisté sur la nécessité de clôturer le dossier des détenus en dehors de toute politisation, et de former une commission parlementaire juridique qui regroupe des personnes neutres ainsi que des membres des familles des détenus.

Cheikh Walid Omrieh, représentant les familles des détenus, a prononcé une allocution dans laquelle il a précisé que les prisonniers ont entamé une grève totale de la faim qui aboutira à leur mort ou à leur libération immédiate. « Nous certifions que nous ne les laissons pas tomber et leur disons que c’est nous et vous qui serons libérés de la prison, ou alors nous et vous qui serons détenus ou enterrés sous terre », a-t-il dit.

À son tour, le député Moustapha Allouche qui s’apprêtait à prononcer un discours a raconté avoir été pris à partie et qu’un « groupe d’émeutiers (l’) a attaqué à coups de pierres », sans le blesser. Il a aussi indiqué que les détenus demandent l’amnistie, alors que « nous demandons le droit, l’application de la loi, la justice et l’égalité ». « Nous ne pouvons nous taire sur la situation de 330 détenus, dont des malades, qui attendent toujours en prison que se décide leur sort, alors que la grande majorité d’entre eux a déjà passé en prison une période qui dépasse celle qu’ils devraient en principe passer en détention », a-t-il ajouté. « Des dizaines d’entre eux, a poursuivi M. Allouche, méritent d’être libérés, mais ils sont toujours détenus de manière arbitraire ». Et le député d’appeler à la mise en place d’une sous-commission parlementaire qui enquêterait sur les droits des prisonniers.

Saïda

De son côté, le membre du bureau politique de la Jamaa Islamiya, Abdallah Babetti, a observé que « les islamistes au Liban sont soucieux de paix ». Il a demandé que « soient immédiatement prises des mesures pour libérer les innocents ».

Par ailleurs, le fondateur du courant salafiste à Saïda, Dahi el-Islam el-Chahhal, a appelé à une amnistie des prisonniers. Il a précisé que « si certains ont enfreint les lois, ils ont été victimes de l’injustice de ces mêmes lois ».

Le chef du Front islamique du travail, Fathi Yakan, a quant à lui appelé le président de la République, le Premier ministre et les instances juridiques concernées « à libérer les détenus innocents dont le nombre avoisine les 100 personnes ».

Le parti Tahrir a également appelé l’opinion publique et les instances politiques « à une position juste et équitable envers plus de 300 prisonniers islamistes qui ont entamé une grève de la faim ». De plus, à l’appel des parents des détenus à Roumieh, un sit-in a eu lieu hier à Saïda à la mosquée al-Hussein après la prière du vendredi, en présence de responsables de la Jamaa Islamiya. Le responsable politique du parti au Sud, Bassam Hammoud, a dénoncé « la politisation du dossier par certaines parties ». Rejetant « la moindre agression contre l’armée libanaise, les forces de sécurité ou les forces de la Finul », refusant aussi « la discorde confessionnelle et communautaire », M. Hammoud a également refusé que « nos fils (de la communauté sunnite) soient injustement accusés ou que ces accusations soient exagérées, sous prétexte de combattre le terrorisme ».

imrimer cet article Impression
Envoyer par mail
Destinataire  :
(email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)



Actualités :

RFI, à écouter | 3 décembre 2008

AFP | 3 décembre 2008

Chérif Alber | 3 décembre 2008

Vincent Fortin | 3 décembre 2008

2 décembre 2008

Andrea Becker | 2 décembre 2008

Nahla Chahal | 2 décembre 2008

Najib Farraj | 1er décembre 2008

Fares Chahine | 1er décembre 2008

CECP, ABP et Leila Shahid | 30 novembre 2008


L'AFPS soutient le peuple Palestinien dans sa lutte pour la réalisation de ses droits nationaux. Elle agit pour une paix réelle et durable, fondée sur l'application du droit international. Lire la charte
Dans une volonté d'information large, afin que nos lecteurs puissent avoir des outils d'analyse de la situation en Palestine et aussi en Israël, l'Afps traduit et publie des auteurs divers. L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle de l'Afps.
Site conçu avec le logiciel libre SPIP.